• Ce que nous enseignent les gros bonnets du roman 2008

    Pour ceux, dépourvus d’imagination et de personnalité, qui seraient tentés d’étudier le marché afin de savoir dans quel genre donner afin de se faire publier, le Figaro publie le « top ten » des plus gros vendeurs.
     Cette liste, hautement prévisible, laisse effectivement entrevoir quelques pistes aux auteurs en devenir.
    Alors, que faut-il mettre dans son roman pour cartonner auprès des éditeurs ?
     En premier lieu, du sentiment, beaucoup de sentiment, bien rose et collant comme des bonbons à la liqueur. Surtout n’hésitez pas à avoir la main lourde : les lecteurs raffolent de cette mélasse, ils pensent que la vraie vie se trouve là, précisément.
    Ensuite, une pincée de mystère, genre phénomène paranormal, « je discute avec les morts et ça me fait tout drôle », ou alors un zeste de tracasseries policières, au choix.
    Parmi les ingrédients qui ont fait leur preuve en 2008 (et qui perdureront probablement en 2009, rassurez-vous), on peut également ajouter dans la marmite un peu de fantaisie fofolle et bon enfant, mais sans forcer la dose, vous épouvanteriez le lecteur.
    Vous pouvez également vous risquer à incorporer quelques grains de « visions visionnaires » dans un cadre vaguement futuriste, mais attention : il semblerait que le public commence à se lasser de cette sauce un peu trop riche en graisse.
    Vous pouvez finaliser votre ragoût en ajoutant une cuillérée de pensées profondes, du genre qu’on trouvait sur le dos des gaufrettes autrefois, et qui faisaient le bonheur des enfants en bas âge.

    PS : Il y a évidemment des ingrédients auxquels vos modestes moyens ne vous donnent pas accès, comme par exemple être titulaire du prix Nobel. Le Nobel fait vendre, c’est mathématique. Ou d’avoir un précédent roman qui vient d’être porté à l’écran. Même si c’est un navet, l’effet médiatique contribuera à relancer les ventes de l’ensemble de la production.

    Marc Levy - 1 516 000 exemplaires
    Guillaume Musso - 1 378 000 exemplaires
    Fred Vargas - 1 082 000 exemplaires
    Anna Gavalda - 1 004 000 exemplaires
    Amélie Nothomb - 734 000 exemplaires
    Katherine Pancol - 696 000 exemplaires
    Bernard Werber - 612 000 exemplaires
    Jean-Marie Le Clézio - 497 000 exemplaires
    Éric-Emmanuel Schmitt - 496 000 exemplaires
    Muriel Barbery - 401 000 exemplaires




    A N : le prix Nobel lui aurait probablement permis
     de monter à la première place. Mais ce n'est que partie remise.

    Partager via Gmail Yahoo!

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Vendredi 16 Janvier 2009 à 13:54
    aphasique
    Quand je pense que Werber avait fait, dans l'année, un petit caca verbeux dans les colonnes du Figaro parce que - soit disant - les critiques étaient pas tendres avec lui, sans raison (tous des imbéciles, sans doute, ils ne comprennent pas sa prose) ... alors que bon : dès qu'il pond un truc, y a 600.000 gugusses qui dépendent 20 euros pour le suivre, mais qu'est-ce que ça peut lui faire, le reste ?
    2
    Vendredi 16 Janvier 2009 à 14:58
    louis
    Je ne vois aucunes des œuvres des éditions Chabossot dans ce classement. Manque de lucidité de votre comité de lecture ou incompréhension du public !!!
    3
    Dimanche 18 Janvier 2009 à 21:35
    Marc Lefrançois
    Je connais bien les fameuses recettes pour faire un best seller... j'avais d'ailleurs travaillé à un roman de ce genre, mais c'était une mauvaise idée... Cela ne peut donner que des sous-produits... Enfin, l'idée est amusante pour voir si ça marche... Personnellement j'ai plutôt misé sur des romans humoristiques et bien écrits et c'est ce qui m'a permis de me faire publier assez facilement. Si vous imitez Musso ou Levy, cela va tout de suite se voir et ruiner à jamais votre réputation littéraire... Marc Est-ce que vous pourriez me mettre dans vos liens? Je ferais de même si vous le souhaitez...
    4
    Lundi 19 Janvier 2009 à 11:04
    lectrice du troupeau
    mais qui sont ces lecteurs dont vous nous parlez dans vos récents billets? ...de drôles de bestiô sensibles uniquement à l'envoûtement médiatique, anesthésiés par les faux-com-moussants de leurs bloggueurs préférés, influencés par le sexy PPda à la voix miélée???!!! Nan mais je rêve! Vous cher grand professeur, vous tombez dans une telle caricature? Lorsque moi lectrice passionnée je m'applique chaque jour à éviter l'influence et sauvegarder mon propre jugement!! Primo je n'achète pas le livre je le fabrique moi même, à la dimension qui me convient le mieux et d'un nombre de pages inferieur à 250 sinan ça bloque...ensuite je m'agenouille sous le meuble bancal et je coince l'ouvrage...enfin, quel soulagement de constater que le livre que j'ai choisi est parfaitement celui que j'attendais...et que la table est enfin stable! Après avoir demandé aux écrivains : pourquoi écrire? Je vous suggère de demander aux lecteurs : pourquoi lire? En fait, j'achète souvent des livres que je ne termine (voire ne commence)jamais et je lis en vrai avec un plaisir immense des ouvrages qui me sont tombés dessus par hazard (des nuages ou du ciel par exemple, mais si j'vous jure c possible!) mais pourquoi acheter sous l'influence médiatique de gros navets?? serait-ce qu'on est tombé dedans quand on était des touts petits lecteurs de Martine? Cher professeur, il faut nous apporter des réponses et trouver du sens à tout cela...je ne peux me résoudre à une telle naïveté chez le lecteur...ma carrière de grande écrivèneU est foutue d'avance (elle était déjà méga mal barrée, mais là...) et je crains pour les ventes de livres en 2009, c'est la crise! dans ma maison, il n'y a bientôt plus de meuble... merci cher professeur, vous savez comme je vous vénère et la foi inébranlable que je vous accorde. BAV cher AC
    5
    Lundi 19 Janvier 2009 à 18:53
    bon sens
    Quelle bande de p'tits joueurs par rapport à JK Rowling !
    6
    Jeudi 22 Janvier 2009 à 07:52
    arpenteur
    Sur la photo, le corbeau mort, il est sur ou sous le chapeau? Un truc à rouvrir le dossier du petit Grégory ça...
    7
    Axelle V.
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    Axelle V.
    'faut absolument que j'achète le fait du prince sinon je lirai jamais le nouveau d'Amélie Nothomb
    8
    Lisa
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    Lisa
    Bonjour, je suis de passage sur ce blog.
    Peut-être trouverez-vous ça insencée mais j'ai quatorze ans et je suis en train d'écrire un roman ( 22 pages à ce jour, on avance tout doucement).
    Juste pour information, j'ai un auteur qui bat Marc Levy haut la main avec plus de dix-huit millions d'exememplaires vendus : Stephenie Meyer avec la saga Fascination.
    Ce site est vraiment superbement bien fait.
    Bonne continuation.
    Lisa.
    9
    kiasryan
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    kiasryan
    Si les auteurs sont médiocres, ceux qui les éditent et assurent t leur célébrité sont encore plus médiocres.Ceci dit , les ingrédients s'avèrent les bons. Sentiments : indispensables, sinon où seraient l'intérêt et le frisson, mystères et ambigüités de la vie pour capter l'intérêt, fantaisie (quelquefois) visionnaire, certainement, sinon, il n'y aurait pas de légitimité à écrire, pensées profondes, c'est bien le moins. La question n'est pas celle des ingrédients, elle est celle de leur qualité. J'écris moi même depuis peu et ils y sont tous. je suis capable d'écrire 400 pages et plus, sans longueur, à partir de ces ingrédients. Ce sont les bons. Le problème, c'est la frilosité politique des éditeurs,, français notamment. .Ils font dans la couardise politiquement et non pas socialement correcte ils ne sont pas encore prêts à assumer certains sujets. pourtant le monde actuel est un vrai filon, encore bien plus profond que celui de l'époque de Voltaire qui s'indignait que l'on condamne un innocent ou deux par sectarisme religieux. Aujourd'hui, on tue par milliers, sans état d'âme et avec une bonne conscience parfaite en prime : Voir Gaza et Irak . Voir aussi le terrorisme islamique. Mais combien d'éditeurs ont le courage nécessaire pour s'intéresser au sujet? des romanciers, il y en a au moins un : moi.
    10
    salamone
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    salamone
    Que de ventes, que de livres, que de célébrités. Tiens sans effort je suis bien heureux de leur succès. Ceci dit gare à la crise, gare à la bulle. La bulle de l’affront Ils sont arrivés à la cime des marches pyramidales Se sont hissé là-haut mais sans atteindre le graal Des hommes sans âge ni âme à l’abri des regards Et se croyant immortels ont appauvrir la volonté et l’art Le ciel avait beau pâlir les gronder à quoi bon ! Les tours d’ivoire attiraient d’habiles nouveaux escrocs De futurs économistes des financiers aux longs crocs A l’haleine Madoffienne chasseresse de gros pognon Stock-options à la pelle pour les élites bonus à gogo Il fallait déchiffrer les messages des traders des bobos Dieu la crise fait rage les moralistes changent de camp Quand finiront-ils de vendre leur âme au diable Ô ne croyez surtout pas que tous soient détestables Riches et banquiers sans cœur et hors du temps Même s’ils font pleurer les sages et suicider des gens Honnêtes qui ont cru à leurs scabreux tempéraments Où est la bulle la bête visqueuse qui laisse tant de maux ? Allez ouvrez vos cœurs on vous tendra nos mains nues Sans détours sans remords et sans la haine qui tue Banquier vous avez sans gêne cachés volés nos joyaux Le 22 janvier 2009 Giuseppe Bonne soirée.
    11
    Marie
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    Marie
    Cher Aloysius, vous savez que je vous aime bien et que je n'aime pas Marc Lévy ni Guillaume Musso. Mais s'il vous plait faites attention à ne pas tomber dans le complexe de supériorité genre les français moyens c'est rien que des médiocres. La majorité n'a peut-être pas toujours raison mais elle mérite d'être respectée.
    12
    anywell
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    anywell
    sauf lecture trop rapide et diagonale de ma part : pas de sexe ? z'êtes sûr ?
    13
    Malvina
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    Malvina
    Un constat : je ne serai jamais publiée.... :-)
    14
    steph
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    steph
    Je ne suis pas une intello, je n'ai pas fait de grandes études littéraires ou autres, autodidacte à ce qu'il parait...mais à chaque fois que j'ai essayé de lire le début ou des passages (sait on jamais...) des livres de Lévy et Musso et bien rien, rien, rien; juste du vent, du néant littéraire et pour finir de la colère.Des fautes graves qu'un éditeur ne laisserait passer à aucun débutant on peut en relever à chaque page ou presque... L'autre jour Lévy au journal de 20h, barbe de trois jours, gueule enfarinée de l'écrivain qui vient tout juste de quitter son ouvrage...ça devait aussi faire partie de son plan marketing! Pourtant les auteurs qui écrivent simplement mais avec justesse et profondeur existent, pourquoi faut il que ce soit eux avec leurs espèces de synopsis prémachés pour l'industrie cinématographique qui caracolent en tete????
    15
    kannelle97
    Jeudi 17 Novembre 2011 à 16:09
    kannelle97
    H.S Bonjour, Une question : Que pensez vous du paragraphe suivant, il s'agit d'une strophe d'un contrat d'édition à compte d'éditeur : " L'éditeur reversera annuellement à l'auteur, pour chaque exemplaire vendu (à l'exception des ouvrages achetés par l'auteur qui bénéficie déjà d'une remise) 12% pour les ventes au format papier et 40% pour les ventes au format numérique, des sommes hors taxes effectivement facturées par LES EDITIONS CLASSIQUES. Les rétrocessions d'une année d'un montant net inférieur à 100 euros par l'ouvrage ne pourront donner lieu au paiement, et seront créditées sur l'exercice suivant." Tout cela me semble bien difficile à suivre. Merci d'avance pour votre réponse
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :