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  • L’existence de Marc s’écroule quand Sylvie, sa femme depuis 15 ans, fait une chute mortelle lors d’une séance de selfie sur un piton rocheux. La confusion vient très vites’ajouter à la douleur du deuil lorsqu’il découvre qu’elle le trompait.

    Dès lors, il traîne dans son pavillon du Clos des Philosophes, un lotissement de luxe sis en proche banlieue parisienne, ressassant son malheur, ne sortant que pour promener Maxou, bouledogue français, ersatz de l’enfant qu’ils n’avaient pu concevoir.
    Après un bref retour au travail qui tourne au désastre, Marc va enfin tout mettre en œuvre pour surmonter l’immensité de sa détresse. Son combat passera par plusieurs étapes : abrutissement par la télé, recherche effrénée de l’amant… C’est au court de cette traque désespérée qu’un rayon de soleil non dénué d’ironie viendra inopinément illuminer son chemin de croix.
    Arrivée d’une météo plus clémente, simple éclaircie passagère…
    Ou l’annonce d’un bouleversement sans précédent ?

    Une farce grinçante et jubilatoire qui n'épargne rien ni personne

    SELFIE, c’est pour bientôt

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  • En guise d’introduction, je voudrais m’insurger immédiatement contre cette légende stupide qui voudrait que les poissons rouges n’aient pas de mémoire. Bien sûr les capacités de mémorisation sont très variables d’un individu à un autre, et je ne pourrais m’avancer sur l’ensemble de mes congénères. Au sein de mon aquarium, je cohabite avec une vingtaine de mes congénères, et si l’honnêteté  m'enjoint de reconnaître que certains ne brillent pas par leur intelligence, tous possèdent des souvenirs qui remontent bien au-delà de trois secondes, n’en déplaise à certains médisants.

    Cette précision étant apportée, je vais à présent aborder le vif du sujet, à savoir le récit de ma vie.

    Fonds de tiroir -Les mémoires d’un poisson rouge
    Henri, quelques jours avant sa tragique disparition 

     

    Je n’ai connu ni mon père, ni ma mère, ce qui fait de moi, du point de vue de l’état civil, un orphelin. Tout petit, j’en ai ressenti une certaine tristesse, jusqu’à ce que je me rende compte que les autres étaient dans la même situation. Nos débuts dans la vie étaient en tous points identiques : à un moment donné, on avait ouvert les yeux, et on s’était retrouvé à évoluer dans cet espace relativement spacieux bien qu’indubitablement confiné qu’on appelle, je crois, un aquarium.

    Dans les premiers temps, j’ai cherché à appréhender de la façon la plus juste le monde qui m’entourait, afin d’en tirer des certitudes, toujours utiles pour avancer dans la vie. Très vite, j’ai pu constater que l’univers se divisait en deux parties distinctes. Tout d’abord, au centre de tout, il y avait les poissons rouges, ce petit groupe d’une vingtaine d’individus auquel j’appartenais, et qui semblait jouir d’une liberté absolue. Ainsi, nous avions tous la possibilité de monter, descendre, aller à droite ou à gauche dans notre aquarium sans que quiconque n’y trouve à redire. Nous ne nous en privions pas du reste. Pour ma part, j’affectionnais tout particulièrement les trajets en ligne droite, qui me menait d’une extrémité du bassin à l’autre. À la suite de quoi j’opérais un vif demi-tour, et recommençais dans l’autre sens. C’était assez jouissif, je dois en convenir. J’ai pratiqué cette activité de façon intensive tout au long de mon adolescence. Par la suite, je lui ai préféré des occupations moins intenses, comme les bains de bulles ou les siestes le long du rocher.

    Je savais par ailleurs qu’il existait un autre monde, parallèle au nôtre, peuplé d’êtres gigantesques et d’une absolue laideur, dont la seule fonction apparente était de nous rendre la vie le plus agréable possible. Ainsi, à heure fixe, l’une de ses créatures venait déposer à la surface de l’eau une quantité prodigieuse d’excellente nourriture que nous nous empressions d’avaler. Mes compagnons, insouciants, avaient pour habitude de prendre les choses comme elles venaient, sans vraiment se poser de questions ; c’était là le secret de leur bonheur.

    Pour ma part, je ne pouvais m’empêcher de me questionner sur les intentions profondes de ces créatures si vilaines et pourtant si bienveillantes à notre endroit. Pour tout dire, cela me semblait un peu trop facile pour être honnête.

    Je crois que le moment est venu de vous parler d’Henri. Henri était mon ami, le meilleur d’entre nous, un beau poisson au corps robuste et élancé, à l’œil vif et curieux. J’avais fait sa connaissance, il y a longtemps, lors de mes déplacements répétés entre la paroi de gauche et celle de droite. Lui aspirait à la même chose, mais dans l’autre sens, ce qui a provoqué une collision, heureusement sans gravité. À partir de là, nous avons très vite sympathisé. Nous partagions la même curiosité pour le monde qui nous entoure, le même désir d’en découvrir et comprendre les mécanismes. Ainsi, c’est lui qui, le premier, avait remarqué que l’ignoble excroissance chargée de nous distribuer la nourriture n’appartenait pas toujours à la même créature. C’était une découverte fondamentale : il existait au moins deux de ces entités mystérieuses. Dès lors, il était aisé d’en imaginer une troisième, une quatrième, bref, une infinité. Cela donnait le vertige.

    Naïvement, nous avions transmis cette information de première importance à nos collègues, espérant leur faire prendre conscience qu’il existait un autre monde plus riche que l’on n'avait soupçonné jusqu’à présent. Ils nous avaient simplement ri au nez : en quoi tout cela les concernait-il ? Tant que les repas étaient copieux et distribués à heures fixes ! Ce rejet moqueur de notre communauté n’avait que renforcé les liens qui existaient entre Henri et moi : désormais, nous avancerions seuls, envers et contre tout, insensibles aux lazzis, sourds aux quolibets. Que tous ces imbéciles restent à se vautrer dans leur béatitude satisfaite et aveugle.

    L’esprit de conquête de mon ami ne connaissait pas de limite. C’est ce qui le rendait si remarquable à mes yeux. C’est aussi, hélas, ce qui l’a perdu.

    Les événements ont commencé à s’accélérer le jour où l’excroissance informe d’une créature a déposé, au beau milieu de notre territoire, un imposant totem, d’une hauteur d’au moins trois poissons. Seuls Henri et moi avons eu le courage de nous approcher de l’édifice afin de mieux en étudier les contours, les autres se réfugiant derrière le rocher ou autour de la machine à bulles, tremblant de frayeur.

    Après une observation minutieuse de haut en bas, mon ami se prononça, catégorique : il s’agissait bien d’une créature, avec toutefois quelques différences notables : la taille, bien sûr, mais aussi l’accoutrement, sans parler de cette immobilité imperturbable qui donnait froid dans le dos.

    Pourquoi l’avait-on déposée ici ? Quel était son but, sa motivation ? Avait-elle au moins choisi d’être là, ou était-ce contre sa volonté ? Henri se tenait devant elle, guettant un signe qui ne venait pas.

    Plusieurs jours ont passé, et Henri n’avait toujours pas bougé d’un centimètre, attendant toujours désespérément la moindre réaction. Sa concentration était telle qu’il avait dédaigné tous les repas, préférant jeûner plutôt que de courir le risque de rater le moment où l’incroyable se produirait.

    La nuit suivante, alors que le néon était couché depuis longtemps, il vint jusqu’à moi, les traits tirés par la fatigue et la diète.

    – Je crois que j’ai enfin compris, Michel.

    Henri me parla alors d’une voix fébrile que je ne le lui connaissais pas.

    – La vérité est lumineuse, Michel, tout prend enfin un sens, c’est merveilleux !

    Quand je lui demandais si la statue avait enfin parlé, il me répondit, presque fâché :

    – Pas du tout ! C’est beaucoup mieux que cela : j’ai reçu son message dans ma tête, en direct. C’est une invitation, mon cher Michel ! Ne vois-tu pas ses excroissances qui nous indiquent clairement la direction à prendre ? Comme lui est venu dans notre monde, nous devons, à présent aller dans le sien ! Voilà le message !

    – Mais enfin, Henri, c’est de la folie ! Dehors, c’est l’inconnu ! Comment savoir comment nous serons accueillis ? Ça reste une aventure à l’issue bien aléatoire, si tu veux mon avis. De toute façon, quand bien même nous le voudrions, il n’y a à ma connaissance aucun moyen de sortir d’ici.

    – C’est ce que tu crois, Michel, me répondit-il avec une drôle de lueur dans les yeux, c’est ce que tu crois.

    Sans que je n’aie le temps de réagir, il fila au fond de l’aquarium et prit la direction de la surface à pleine vitesse. Sa première tentative échoua contre la vitre. Insensible à la douleur, il recommença aussitôt, une deuxième, puis une troisième fois. La quatrième fut la bonne, et c’est muet d’horreur que je le vis basculer par-dessus la paroi, s’évanouissant définitivement dans les ténèbres. Avant qu’il ne disparaisse à jamais, j’eus le temps de croiser son regard. Il avait l’air confiant de celui qui sait où il va.

    On ne l’a plus jamais revu.

     

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  • Je veux bien croire au paradis, c’est bien rassurant comme idée, finalement. Mais dans quel état arrive-t-on là-haut ? Si on perd une jambe sur terre, la retrouve-t-on une fois monté aux cieux ? Où si on a un cancer, il s’arrête net ou il continue de proliférer ? Aucune garantie là-dessus. En conséquence, mieux vaut partir en bonne santé, c’est plus prudent.

    On a l’habitude de dire “Il est là-haut à présent, il discute avec... et là on met le nom d’un type mort qu’il aimait bien. Mais franchement, est-ce que cette proposition est tenable, si on considère la foule qu’il y a là-haut ? Comment retrouver facilement quelqu’un pour discuter avec lui ? À moins qu’il n’y ait un système de recherche sophistiqué. Et comment trouver un coin tranquille pour bavarder ? Et si l’on veut rencontrer une vedette morte, par exemple Marilyn Monroe, il doit y avoir une queue pas possible. Sans compter qu’il doit régner un boucan d‘enfer, là-haut, l’équivalent de la gare de Lyon un jour de départ en vacances, multiplié par un milliard.

    Tout ça me tracasse, j’en ai donc touché deux mots à Christine, ma collègue, qui n’a pas d’aptitude particulière pour parler de ce genre de chose, mais qui se trouvait là tout simplement. En préambule, je pose quelques principes de base, histoire de voir si on est sur la même longueur d’onde. Je lui dis “Les hommes sont les seuls mammifères à avoir conscience de leur mort car nous sommes les seuls à penser”. Elle me répond “Il y a les chats aussi”.

    Ça va être compliqué.

    Fonds de tiroir - Notes sur le paradisphoto non contractuelle

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