• Voici un passage extrait de mon prochain roman, intitulé jusqu'à présent " Tentative de rebond en terrain miné", mais qui devrait prochainement changer. Je précise à toutes fins utiles que l'histoire dans son ensemble ne tourne pas autour de Christina Cordulla et de sa sympathique émission.

    Les reines du shopping - extrait de roman
    Christina "Ma chérie" Cordulla

     

    En fin d’après-midi, il avait pris l’habitude de s’asseoir devant « Les reines du shopping » programme animé par Christina Cordulla, mannequin à la retraite de son état. Le principe était simple : la production confiait quelques centaines d’euros à cinq candidates qui disposaient dès lors de quatre heures pour dénicher des vêtements en lien avec le thème de la semaine (« Féminine en velours », « Branchée avec une doudoune », « Irrésistible au bal des pompiers » …), se faire coiffer et maquiller.

    La composition du casting répondait à un schéma bien établi qui visait à la représentativité la plus large possible de la population féminine française, du moins celle qui regardait TF1. Ainsi parmi les concurrentes, on trouvait logiquement une ou deux jeunes femmes issues de la diversité, une ou deux jeunes femmes de type caucasien, et une vieille. En revanche, on ne voyait jamais de personne en surpoids, même vieille, alors qu’il n’était pas rare d’y retrouver quelque anorexique ou apparenté. Concernant les catégories socio professionnelles, une certaine harmonie était également respectée, sans jamais s’aventurer au-delà des classes moyennes ou populaires : femme au foyer, agent de mairie, coach de remise en forme, voire influenceuse sur Instagram, appellation commode pour celles qui n’exerçaient pas d’activité salariée régulière.

    Le vendredi était consacré au récapitulatif des tenues choisies, et c’était l’occasion de revoir chaque candidate se dandiner grossièrement sur une sorte d’estrade de trois mètres de long qui se voulait probablement un subtil clin d’œil aux podiums de la fashion week. On découvrait ensuite les notes que les compétitrices s’étaient attribuées entre elles, et Christina Cordulla apparaissait enfin en majesté pour mettre tout le monde d’accord, ce qui donnait parfois lieu à quelques crises de larmes impromptues, conséquence de l’intense émotion ressentie face à cette femme souriante et longiligne, mentor fantasmé et modèle à suivre. En tout état de cause, la vieille ne gagnait jamais. C’était un peu cruel, mais il fallait reconnaître que, malgré tous ses efforts, elle ne faisait jamais le poids, comparée aux jeunes trentenaires fraîches et délurées avec lesquelles elle était mise en concurrence. L’important était de participer. C’est ce que devait leur rabâcher la production.

    À vrai dire, la problématique de l’habillement sous contrainte n’intéressait pas particulièrement Marc, pas plus que les sempiternelles discussions autour du supposé manque de goût de l’une ou l’autre. Ce qui était fascinant, en revanche, c’était d’observer cette inextinguible soif de « gagne » qui habitait chaque candidate, prête pour arriver à ses fins à toutes les perfidies, habilement dissimulées sous le masque emphatique de la « fashion victime » pleine de tempérament et d’esprit. Cette extraordinaire capacité à écraser leurs adversaires sans le moindre état d’âme faisait d’elles de redoutables combattantes, parfaitement adaptées aux vicissitudes et aux contraintes de la vie moderne. Car il n’y avait pas de raisons pour qu’elles se comportent différemment dans les différents compartiments de leur existence : travail, relations sentimentales, familiales, etc. Assurément des exemples à suivre, se disait Marc, avant d’aussitôt capituler face à l’ampleur de la tâche. En vérité, il lui semblait plus naturel de s’identifier à la vieille du casting, systématique victime de ses impitoyables rivales. Le spécimen qui participait à « Branchée avec une doudoune » s’appelait Geneviève, 53 ans, directrice de maternelle. Consciente de ses handicaps, Geneviève avait opté pour une tactique probablement mûrie en amont, qui consistait à susciter la pitié chez ses coreligionnaires. Grave erreur. Le procédé s’était rapidement retourné contre elle : en lieu et place de l’indulgence attendue, chacune de ses interventions fut accompagnée d’un festival de grimaces circonspectes, agrémenté parfois de quelques piques ironiques portant essentiellement sur le côté gentiment obsolète de sa candidature. En gros, il ressortait de toutes ces simagrées que la présence de Geneviève constituait, en soi, un fashion faux pas impardonnable, et malgré ses regards de chien battus et le soutien actif de Christina qui avait trouvé sa tenue « magnifaïque », sa moyenne générale se limita à un « 3 » infamant.

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  • Une folle aventure du super héros Amazing-Man qui a décidément bien mérité son nom.

     

     

    Amazing-Man passe des tests à l'embauche
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  • Cette bande dessinée, qui s'intitule à l'origine "Love Clinic", date des années 50. Elle est désormais tombée dans le domaine public. L'ensemble des dialogues a été remplacé par mes soins.

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  • En général, quand on écrit un roman, on essaie dans la mesure du possible de se mettre le lecteur dans la poche à l’aide de quelques recettes bien rodées. Ne dites pas le contraire, je ne vous croirais pas.

    Avec une totale impartialité (qui m’honore), j’ai tenté d’évaluer le potentiel de popularité de « Tentative de rebond en terrain miné ». Eh bien, il ressort qu’avec une moyenne de 4,5 sur vingt, ce roman court à la catastrophe. Voici la liste – non exhaustive – des handicaps qui l’affublent, et qui le prédestinent d’ores et déjà à une carrière pour le moins confidentielle.

    1 - On ne comprend rien à son titre

    2 - Il n’est pas écrit au présent.

    3- Il n’est pas écrit à la première personne.

    4 - Il est plein de phrases longues.

    5 - De temps à autre, il y a un mot dont on a abandonné l’usage depuis une bonne cinquantaine d’années.

    6 - Il n’y a pas de descriptions physiques des personnages, comme on faisait au XIXe siècle.

    7 - Le héros, globalement peu sympathique, n’incite pas à l’identification.

    8 - Les autres personnages ne valent pas mieux.

    9 - Il y a bien une histoire d’amour, mais personne n’a envie de vivre la même.

    10 - Il ne contient aucune recette pour se développer personnellement.

    11 - Sa lecture ne donne pas envie de courir nu sur la plage en criant merci à la vie.

    12 - Le héros n’est pas une fraîche jeune fille espiègle et au caractère bien trempé, mais un quinquagénaire pleurnichard et veule.

    13 - L’action ne se déroule pas à New York, encore moins à Los Angeles.

    14 - Les descriptions poétiques de paysages sont réduites à leur plus simple expression.

    15 - L’action se déroule dans une banlieue, certes cossue, mais une banlieue quand même.

    16 - Il y a finalement peu d’action.

    18 - Il y a moins de 20 % de dialogues.

    19 - Il y a un bien un petit animal mignon, mais il est affligé de sérieux ennuis gastriques.

     

    En résumé, ce n’est pas gagné.

    Les 18 raisons pour lesquelles ce roman a tout pour être un four
    Cette image n'a rien à voir avec l'article.

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